Le temps de discours pour se rappeler d'où nous venons et vers quoi nous allons !

Intervention de joseph TESTARD président de Briacé : Briacé une école au service du territoire !

Je tiens tout d'abord à excuser Monseigneur SOUBRIER, évêque de NANTES qui n'a pu à son grand regret être parmi nous aujourd'hui.

Mesdames, messieurs,

Votre présence pour fêter les 50 ans de BRIACE marque tout votre intérêt pour notre Lycée. Je vous en remercie.

C'est l'occasion de regarder dans le rétroviseur.


A la fin de la guerre 39-45, la France devait renaître de ses cendres. Le plan Marshall fut mis en place, de nouvelles technologies voient le jour. Les usines se développent et ont besoin de main d'oeuvre. Les campagnes se dépeuplent, les villes grandissent. Malgré tout il faut nourrir la France. La loi d'orientation agricole de 1960 annonce ce grand virage pour l'agriculture : il faut produire pour devenir autosuffisant alimentairement. En même temps naît la JAC (jeunesse agricole catholique) animé par les vicaires des paroisses du monde rural et la JOC (jeunesse ouvrière chrétienne). Ces mouvements rassemblent des jeunes pour créer un monde Nouveau. Ils militent pour la solidarité, la formation, le développement des technologies, l'accès à la culture (Théâtre, musique) le sport etc... Pour notre territoire quelques agriculteurs, maraîchers, viticulteurs suivent par correspondance les cours du CERCA d'Angers. Ils sont aidés par les instituteurs ou les vicaires en participant à des cours du soir. Très rapidement le besoin se fit sentir de créer des écoles sur place. Ainsi naît l'école de la Marchanderie à Ancenis en 1948 et en 1953 l'école d'agriculture du Loroux avec la première association de parents autour de Louis GADAIS, premier Président, Louis BUREAU et le Frère Pierre GUILLET Directeur ici présents. Ces pionniers créèrent l'école et la développèrent jusqu'en 1974. En 1957, une Société Civile Immobilière achète le château de Briacé et ses 25 ha pour y développer un Lycée Professionnel autour de la viticulture et du maraîchage. La Congrégation des frères de St Gabriel apporte immédiatement leur expérience pédagogique et éducative en nommant Pierre GUILLET Directeur. Ils deviennent la tutelle du Lycée. L'école du Loroux déménage à Briacé. La loi d'orientation de 1960 allait changer la physionomie de Briacé. Le conseil d'administration de l'époque croit en l'avenir et fait un pari complètement fou à l'époque c'est la construction en 1961 du premier grand bâtiment : 4 niveaux, 90 m de long sans un sou dans les caisses. Les administrateurs apportent des fonds et hypothèquent leurs biens. Le Crédit Agricole finance sur 30 ans à 2% et le Conseil Général apporte sa caution. Dès 1962, l'école d'Agriculture qui devient Briacé met en place les bases de la structure actuelle, un cycle court et un cycle long en Agriculture élevage, viticulture-½nologie, maraîchage, floriculture, jardins espaces verts. Les besoins de formation du monde rural sont de plus en plus importants. Les effectifs explosent : ils passent de 40 élèves en 1953 à 531 en 1963. 1967 : construction du second bâtiment 5 niveaux, 45 m de long et mise en place des formations générales avec la création du Bac D' sciences agronomiques et techniques toujours dans le but de permettre aux jeunes d'accéder à des niveaux de qualification plus important (BTS, école d'ingénieur, grandes écoles, université). 1987 : ouverture du BTS Viticulture-oenologie à la demande de la profession. Depuis 1970, le développement fut sans doute moins spectaculaire mais beaucoup plus qualitatif.

  • construction de laboratoires de biologie animale et végétale chimie ½nologie en 1970
  • construction du gymnase et des terrains de sport en 1977
  • 1990 fusion, absorption du site de la Marchanderie à Ancenis qui permis de mieux adapter à leur territoire les formations Agri élevage et entretien de l'espace rural
  • 1994 construction du centre administratif et des classes à l'étage
  • 1996 ouverture du second BTS GPN (gestion et protection de la nature)

Depuis 2003, un important programme de restructuration de l'ensemble du lycée est en cours de réalisation (4 millions d'euros de travaux). Ouverture d'un internat filles 110 places en 2005. Rénovation et mise aux normes de l'ensemble du site d'Ancenis en 2006. Restructuration de l'ensemble des bâtiments de 1961 et 1967 en cours. Toutes ces réalisations depuis 50 ans n'ont eu pour finalité que de répondre aux besoins des formations que Briacé propose afin de mieux répondre aux attentes des professionnels et des projets des jeunes que nous formons toujours dans l'esprit des pionniers qui ont créer ce lycée. Quelle leçon pour nous aujourd'hui, enfants gâtés, qui attendons tout des autres, qui n'en avons jamais assez mais qui ne voulons jamais nous engager. Ces décideurs de l'époque étaient-ils inconscients ? Non, je ne le crois pas, ils avaient la foi dans l'avenir, ils construisaient l'avenir. Ils voulaient développer leurs territoires en étant au service du territoire. Ils ont initié l'esprit d'entreprise à Briacé et sans oublier la formation du jeune à sa vie sociale de demain. A la sortie du lycée, ils voulaient des jeunes avec une tête bien pleine mais surtout une tête bien faite. Ils ont su tout au long des années s'entourer d'équipes pédagogiques et d'éducateurs qui ont créés l'esprit Briacé. De nombreux membres du Conseil d'administration n'ont pas compté leur temps pour apporter leur pierre à l'édifice avec fidélité à Briacé.

                  En 50 ans, quatre Présidents :
                  Louis GADAIS, Président fondateur jusqu'en 1974, qui nous a quitté. 

George BOUTTIN, de 1974 à 1977, Louis BUREAU, de 1977 à 1993, Joseph TESTARD, depuis 1993. Je ne veux pas oublier les deux Présidents qui ont marqué La Marchanderie à ANCENIS : Louis RENAUD, ici présent et Jean LERAY qui malheureusement nous a quitté prématurément,

                  et quatre Directeurs :

Frère Pierre GUILLET, de 1953 à 1974, également Directeur à l'époque de La Marchanderie et du Bois Tillac au PELLERIN, Frère François FOUCHER, de 1974 à 1978, Etienne ROTUREAU, de 1978 à 2000, Pascal SOUYRIS, depuis 2000. Au nom de tous les jeunes qui sont passés par le Lycée, merci à tous les acteurs de Briacé.

(Intervention de Louis BUREAU)

Demain quel challenge pour Briacé ?

Dans cette société parfois morose qui nous entoure, de nombreux motifs de découragement peuvent nous envahir

  • réchauffement de la planète et ses conséquences
  • pollution de l'air, de l'eau, du sol
  • gaspillage de l'eau
  • etc ...

Faut-il écouter les sirènes alarmistes ? Les professions du monde rural sont très souvent accusées. Il faudrait revenir aux méthodes d'autrefois mais surtout ne pas toucher à nos acquis et à notre mode de vie. Dans l'esprit des pionniers qui ont construit Briacé, nous devons relever le défi du 21ème siècle. Nous devons réfléchir au niveau de la planète. Quels challenges pour demain ?

  • Nourrir les hommes
  • Fournir de la bioénergie
  • Gérer l'espace
  • Accueillir les citadins.

Tout d'abord Nourrir les hommes : 6 milliards d'êtres humains aujourd'hui 9 milliards en 2050. Il faut tout d'abord aider les pays en voie de développement à mieux exploiter leur territoire. Dans le cadre de sa mission de coopération internationale Briacé accompagne la création d'école d'agriculture à Madagascar. Mais cela ne suffira pas, le développement des industries est directement concurrentiel avec l'agriculture et notamment en Asie (1/4 des surfaces agricole vont disparaître en Chine pour la mise en place des infrastructures industrielles). La disparition des énergies fossiles nous oblige déjà à trouver de nouvelles sources d'énergie. L'agriculture contribuera à cette évolution. On pense évidemment à la production de bioéthanol ou d'huile comme carburant. Nous y viendrons pour une partie des besoins mais cela se produit à partir de colza, tournesol, blé, maïs, betterave : et c'est concurrentiel avec la production de nourriture pour les humains ou les animaux. Nous pouvons également récupérer les gaz provenant de la fermentation des fumiers lisiers et tout autre produit fermentescible. Nous devrons accepter sur le territoire la mise en place des éoliennes avec les contraintes qui s'y rattachent, pour récupérer l'énergie du vent. La filière bois redevient moderne. Elle doit permettre de chauffer de nombreuses habitations. Mais cela ne pourra se faire que grâce à une bonne gestion des forêts mais aussi avec le recyclage de toutes les tailles des arbres. La liste n'est pas exhaustive, d'autres technologies seront imaginées et de toute façon nous serons obligés de changer notre comportement. Nous devons gérer l'espace. Les espaces de production sont bien identifiés mais il est impératif de conserver les espaces naturels et sensibles. Ceux-ci ne pourront être entretenus qu'avec la participation des professionnels de l'agriculture à condition de trouver un juste équilibre entre le profit qu'il peut en être obtenu et les contraintes qui s'y rattache. Enfin le monde rural ne doit pas être un espace clos, il doit accueillir les citadins qui ont souvent besoin de s'y ressourcer. Des structures d'accueil sont déjà en place mais devront se développer pour rapprocher les citadins des ruraux afin qu'ils comprennent mieux et qu'ils se respectent. C'est un challenge extraordinaire que nous devons relever mais tout cela doit se faire dans le respect de la nature. Ce qui n'a pas toujours été le cas par le passé où le productivisme passait avant tout. Cependant nous ne reviendront pas aux méthodes du 19ème siècle (je n'imagine pas que la société accepterait que la médecine revienne aux médicaments et aux techniques d'antan). Les immenses progrès réalisés par la recherche tant au niveau chimique que biologiques, la meilleure compréhension du monde vivant me rend optimiste pour l'avenir. Je terminerai par cette citation d'Etienne ROTUREAU : Nous voulons rester fidèles à nos origines tout en répondant aux besoins des professionnels et de la société. Les acteurs du monde rural : agriculteurs, viticulteurs, maraîchers, paysagistes, professionnels de l'environnement, et sont chez eux à Briacé, mais avant tout, nous voulons faire place à l'homme, à son projet et à son dynamisme. Briacé s'inscrit dans cette perspective. Briacé, lycée d'avenir forme des jeunes pour construire l'avenir.

 

Intervention de Louis BUREAU, membre fondateur et président d'honneur de Briacé.

Chers Pères, Frères, Amis,

Il me serait long d'énumérer toutes les personnalités présentes, le Président vient de le faire, chacun y trouvera son identité ;

Il y a 50 ans, avec quelques responsables professionnels du monde agricole, nous avons eu le désir et la volonté de créer un établissement d'enseignement ouvert aux différentes branches de l'Agriculture. C'était audacieux, et il a fallu se prendre par la main. Car à l'époque, le Ministère de l'Agriculture faisait beaucoup de promesses « voir l'implantation d'un lycée horticole à Nantes », et trop souvent, rien ne venait.

Notre grande joie aujourd'hui, est de constater que notre effort mutuel ne fut pas vain, mais une réussite. C'est pourquoi, je peux aujourd'hui remercier vivement tous ceux qui ont contribué à cette belle réalisation, évoquer le souvenir de ceux de la première heure qui nous ont quittés : Mrs De Couesbouc, Francis Guillard, Louis Gadais, le Chanoine Lépicier et Louis Vinet, qui de la-haut veillent toujours sur nous. Restent parmi vous, chers amis de cette équipe, le Frère Directeur Pierre Guillet, le Père Fondateur, créateur de cet établissement et votre humble serviteur. Domaine acheté en viager par une société civile immobilière en 1951.

Vous avez eu par le Président le détail historique de Briacé qui, ensuite sera complété par le Frère Provincial de St Gabriel.

Je tiens à souligner toute cette équipe bénévole de maraîchers viticulteurs qui a constitué cette société immobilière indispensable à cette création, avec un bel esprit d'entraide, de mutualisme, et bien sûr avec la collaboration du Département, du Crédit Agricole, de la Congrégation des Frères de St Gabriel et de la D.D.E.C. C'est en 19.. que la Société civile immobilière a remis le domaine de Briacé à la congrégation des Frères de St Gabriel. Notre désir, dans le même temps que la formation de nos jeunes, était qu'ils soient dotés d'une morale chrétienne.

A l'image des Noces de Cana : l'eau changée en vin et la multiplication des pains et du vin : sur la montagne, BRIACE, en plein centre viticole de notre département, est devenu la pépinière de ceux qui apportent à notre région une valeur économique substantielle par la mise en valeur de cette richesse de notre terroir régional.

En conclusion, nous pouvons être fiers de cette réalisation et je me dois de rendre hommage à ceux qui nous ont quittés. Un grand merci à tous ceux qui ont participé et à ceux qui, actuellement contribuent à la continuité de cette belle oeuvre de formation professionnelle et chrétienne de nos jeunes.

Bon courage à tous.

 

Intervention de Pascal SOUYRIS directeur de Briacé lors de la plantation de l'arbre du cinquantenaire.


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